On ne vous rate pas en ce moment sur tous les sites spécialisés…
Nous sommes leaders depuis dix ans et cela énerve tout le monde. Et on attend tellement de nous que cela provoque une déception : c’est normal et humain. Il y a un effet pervers dans notre relation avec les consommateurs : ils développent une relation passionnelle avec Sony. Quand la PS3 sera lancée, je suis sûr que cela fera taire les critiques. N’oublions pas que ces nouveaux messages que nous passons aux consommateurs sont compliqués.
Quand vous parlez de « messages compliqués », vous parlez du lecteur de Blu-ray ?
Notamment, oui. Tant que les consommateurs n’auront pas vu le résultat, selon moi bluffant, ils auront des doutes. C’est exactement pareil pour les jeux : il faut voir. D’ailleurs, c’est un paradoxe amusant. Le jeu est désormais à la pointe de la technologie, contrairement aux vingt dernières années durant lesquelles c’est le duo Intel et Microsoft qui a mené la danse. Ce qui veut dire que c’est le secteur ludique qui entraîne les autres. En même temps, c’est logique car l’exigence est telle du côté des joueurs que le développement des jeux a besoin de plus en plus de ressources technologiques. Parallèlement, il faut noter que le jeu a, globalement, tendance à mûrir et à évoluer vers une certaine démocratisation : il n’appartient plus uniquement aux hardcore gamers. Le développement du social gaming, du casual gaming et de l’internet segmente le marché et nous souhaitons que la PS3 joue un rôle fédérateur auprès de nouveaux publics.
Qui sont ces nouveaux publics ? Les femmes, les familles, les personnes âgées…
La PS3 est, sans ambiguïté, un produit pour adultes. A part les plus de cinquante ans qui, je crois, sont passés à côté du phénomène, tout le monde est intéressé par le jeu vidéo. Les mères de famille également sont un public à conquérir. La PS3 s’inscrit aussi dans une logique où les premiers joueurs sont maintenant des pères de famille qui partageront avec leurs enfants le plaisir du jeu. Eux savent que les consoles ne sont pas des jouets mais un objet unique qui tiendra la place centrale du salon familial. C’est en tout cas, la proposition que nous formulons.
Vous confirmez que le lancement européen aura bien lieu en mars 2007 ?
Absolument. Nous choisirons la date précise en janvier, lorsque nous pourrons analyser les lancements au Japon et aux Etats-Unis, mais ce sera, sans aucun doute, en mars 2007. Pour les mêmes raisons, nous n’avançons aucun chiffre aujourd’hui à propos du nombre de consoles disponibles en mars.
Quelles relations Sony entretient-elle avec les éditeurs tiers ?
Le report de novembre à mars est un des aléas d’un lancement. Nous le regrettons, évidemment, mais c’est un processus industriel extrêmement lourd. Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que cette console s’installe pour une dizaine d’années avec un boom technologique très fort. Ce qui suppose des risques pour tout le monde.
Parmi les inquiétudes des joueurs, il y a la rétrocompatibilité. Qu’en est-il exactement ?
Environ 16 000 jeux sont sortis sur PS1 et PS2 et l’immense majorité tournera sur PS3. On nous pardonnera si quelques centaines, malheureusement, ne le peuvent pas.
